
Vous avez été nombreux à participer à l’élection du premier lauréat du trophée de notre association. Vous avez été en effet 86 % des adhérents à vous exprimer et c’est Éric Leblacher, ex coureur professionnel de la Française des Jeux que vous avez élu avec près de 58 % des suffrages.
Le 5 mars 2007, Éric Leblacher, 28 ans, ex-coureur de la Française des Jeux a reçu des mains de Geneviève de Fontenay, le 1er trophée de l’association. Ce trophée, œuvre originale d’Alain Michel, récompense son engagement dans la défense des valeurs essentielles pour le renouveau d’un cyclisme à visage humain.
Ils étaient 3 nominés pour ce premier titre :
Découvrez les portraits des 3 nominés en cliquant sur leurs noms. Vous pourrez également en savoir plus sur l’actualité de notre lauréat en vous rendant sur son site eric-leblacher.com.

C’est la voix du Tour de France, auquel il s’est intéressé dès l’âge de 5 ans. Depuis 1974, il est le speaker du Tour officiant au départ pour présenter chacun des coureurs et à l’arrivée de l’étape dont il commente les 50 derniers kilomètres.
Par sa voix enflammée, sa précision, son enthousiasme et son érudition, ce Normand de 56 ans, tient en haleine les spectateurs massés aux abords de la ligne d’arrivée ; il est en cela, l’héritier des grands reporters d’avant la télévision, tels Georges Briquet ou Robert Chapatte.
Outre le Tour de France, il anime depuis plus de 30 ans la quasi-totalité des courses cyclistes professionnelles organisées en France.
Daniel Mangeas présente deux qualités essentielles : il aime les gens, et notamment les coureurs, de la lanterne rouge au maillot jaune ; il est passionné et continue de porter, intacte, la flamme qui est apparue dans les yeux du petit garçon de 5 ans, regardant passer Louison Bobet.
Une très intéressante interview de Daniel Mangeas peut être consultée sur le site www.velo101.com.

Dès l’enfance, Jean Paul Ollivier, Breton du Finistère, s’est passionné pour le Tour de France. Il n’avait pas 10 ans quand il écoutait à la radio les reportages de Georges Briquet, chantant les exploits de Louison Bobet, Breton comme lui et vainqueur en 1953 du 1er de ses 3 Tours de France consécutifs.
La voix chevrotante de Briquet lui rappelait celle de l’instituteur contant les péripéties de la bataille de Valmy : Jean Paul était un passionné d’Histoire et les reportages de Briquet étaient chaque jour, de belles leçons, dans lesquelles les héros avaient nom Coppi, Bartali, Koblet, Kubler, Bobet, Robic, Géminiani…
Et puis quel bonheur de vivre son enfance dans une région passionnée de vélo, où le moindre petit village organisait sa course cycliste annuelle et dans laquelle routes et chemins s’animaient de « Allez Robic » ou « Vas-y Bobet » au passage des jeunes garçons fonçant tête baissée au-dessus du guidon.
À l’époque, il n’y avait pas la télévision et Jean Paul retrouvait les exploits contés à la radio, le lendemain dans l’Équipe ou Ouest France ou quelques jours plus tard dans Miroir Sprint ; et il s’émerveillait en lisant les articles des reporters et en découvrant de belles photos de couleur bistre…Très vite, sa décision était prise : il sera lui aussi journaliste.
Depuis 1975, chaque mois de juillet, Jean Paul Ollivier a suivi et commenté le Tour pour une chaîne de télévision : Antenne 2, devenue plus tard France 2 ; au cœur de la course, sur une moto, puis depuis 3 ans sur la ligne d’arrivée, il a conté les exploits et les joies des géants de la route et aussi les drames et les larmes des champions défaillants ou malchanceux…
Sa connaissance des coureurs et de la course, mais aussi son intérêt pour l’histoire et la géographie, ont apporté aux retransmissions télévisuelles ce supplément d’âme qui ajoute encore à la grandeur du sport cycliste.
Et quand Jean Paul ne parle pas, il écrit en revivant par la plume les exploits des plus grands champions, dans le cadre de la série littéraire « La véridique histoire » et il se plonge dans les livres d’histoire pour écrire un ouvrage sur de Gaulle, son autre idole.
Pour tout cela, nous pouvons dire merci à Paulo la Science !

Né le 28 mars 1978, Éric Leblacher est un coureur professionnel pas comme les autres.
En janvier, il a signé sa 23e licence de coureur cycliste. Il débute sa carrière professionnelle en 2002 au sein de l’équipe Crédit Agricole qu’il quitte en 2005 pour rejoindre l’équipe de Marc Madiot à La Française des Jeux.
Après 5 années professionnelles, Éric Leblacher décide d’arrêter le 14 octobre 2006, la profession dont il rêvait quand il était enfant. « Ce qui me faisait rêver c'était d'être pro, c'est-à-dire de pouvoir participer à toutes les courses que je suivais à la télé quand j'étais gamin. »
Cette décision mûrement réfléchie, il en avait déjà fait part auprès de son directeur sportif le 28 juillet dernier. Une décision difficile malgré sa première victoire chez les professionnels le 3 février 2006 lors de la 3e étape de l’Étoile de Bessèges, une proposition de renouvellement de contrat et un salaire doublé.
Mais pour quelle raison ? Une raison vient fatalement à l'esprit : le contexte dans lequel se débat le cyclisme encore aujourd’hui, sans doute ? « …Le dopage a peut-être fait que je sautais plus tôt dans les cols, mais moi, dans mon créneau d'attaquant, ça ne m'a pas empêché de m'échapper, de faire trente-troisième du dernier Tour d'Espagne, de pratiquer le vélo que j'aime. Ce contexte ne m'a jamais atteint au moral jamais ! La raison est tout autre : je souhaitais donner un nouveau sens à ma vie. »
Mais Éric Leblacher rappelle toutefois que « Ce n'est pas surprenant que le public nous traite de dopés. Faut le comprendre. C'est l'actualité. Or l'avenir du cyclisme est conditionné par ce problème du dopage. Soit on s'en accommode, on relâche un peu la pression et, dans ces cas-là, ça peut aller très mal. Soit on cherche, on trouve, ça fait éclater les affaires et le public et les sponsors peuvent finir par se lasser. Quand je vois que Basso revient, on marche sérieusement sur la tête. Qui trinque encore? Les coureurs propres. Alors, je ne dirais pas que le cyclisme professionnel est mal barré, mais, sincèrement, je ne vois pas la solution. En tout cas, c'est aux coureurs de le sauver. À eux aussi, d'être plus passionnés par leur sport ! »
Le 7 janvier 2007, il reparticipera à sa première course amateur, un cyclo-cross à Deuil-la-Barre, mais participera également à de grandes épreuves populaires, telle la Marmotte, début juillet à l’Alpe-d’Huez et bien d’autres encore : « Là, ça sent le vélo ! D'ailleurs, le spectateur passionné va peut-être finir par préférer la course du coin où ça sent la saucisse plutôt que les courses pros, où tout le monde est coupé de tout. Depuis qu'il y a les bus, nous, coureurs, on n'est plus au cul des bagnoles, on descend au dernier moment, c'est frustrant pour le public. En plus, ça fait champion, c'est ridicule. »
Éric Leblacher souhaite par-dessus tout continuer de vivre sa passion vélo, mais d’une autre façon, en maîtrisant mieux sa destinée. Une démarche personnelle qui traduit son engagement à défendre des valeurs fondamentales pour son sport. « Je veux encore sentir cette petite boule au ventre au départ des courses. Et j'espère bien encore gagner ! »
Pour en savoir plus sur Éric Leblacher, rendez vous sur son site : www.eric-leblacher.com et retrouvez l’intégralité de l’article de l’Équipe qui lui est consacré et qui a servi de support à ce portrait.